Billet retour pour le journal
Grâce au recyclage, le papier journal redevient du papier journal. SBB Cargo contribue largement au traitement écologique du processus de revalorization avec ses transports ferroviaires des communes à l’usine de papier.
7h30 à l’école Stegmatt de la petite ville de Lyss (BE): les élèves des classes primaires et secondaires enfilent leurs vestes jaune fluo et s’éparpillent dans toutes les directions. Ils collectent les paquets de vieux papier dans la commune et les conduisent par chariots, remorques de vélo ou petites remorques de la Poste vers les nombreux conteneurs en ville ou directement sur le quai de la gare, un peu à l’extérieur du centre ville, où les wagons de SBB Cargo attendent depuis la veille. Les conteneurs sont rassemblés par camion pour être également acheminés vers la gare.
En 2010 aussi, comme les années précédentes, les Suisses étaient champions du monde de la collecte de vieux papier et cartons: sur les 1,5 million de tonnes consommées par an, ils ont recyclé pas moins de 1,3 million de tonnes, soit 165 kilos par habitant ou un taux de collecte de 88 %.
La collecte de vieux papier par les élèves à Lyss, comme ailleurs, est une longue tradition: «La recette de la collecte contribue au financement de camps de ski et d’excursions et soulage ainsi les parents et les communes», explique Andreas Tanner, directeur de l’école. «Lors des premières collectes, j’avais des courbatures le lendemain», raconte Carol Schmid (14). Sa camarade Kelly d’Avino (15) ajoute: «C’est sympa de collecter les journaux ensemble. Mais le plus chouette, c’est que nous n’avons pas cours ce jour-là.»
Environ la moitié du papier de Lyss arrive par rail à l’usine de papier d’Utzenstorf (SO), l’une des deux grandes usines de recyclage de papier de Suisse. Les wagons de SBB Cargo contiennent des caisses mobiles de la société Innofreight qui sont entièrement ouvertes sur le dessus et recouvertes d’un filet après le chargement. Elles permettent à SBB Cargo d’améliorer nettement l’exploitation des wagons, comme l’explique Andreas Rösch, responsible de projet Projets clients: «Le système Innofreight est parfaitement adapté aux gros volumes de marchandises en vrac qui doivent être transportés par rail à moindre frais et être déchargés rapidement et facilement.» Les élèves jettent les paquets à la main depuis le quai. Ce faisant, la sécurité est capitale: l’accès au rail est interdit aux jeunes et durant le transbordement, un enseignant est toujours present sur le quai.
Le lendemain, les wagons quittent Lyss pour Utzenstorf. Lorsqu’ils arrivent sur la voie de l’usine, les caisses mobiles présentent un autre avantage: un chariot élévateur géant jaune de 40 tonnes soulève l’un des conteneurs du wagon et le conduit jusqu’à l’entrepôt. D’un seul mouvement élégant, il retourne le conteneur et pendant un moment, il pleut des journaux.
Développer la part de marché
Vieux journaux et brochures de la moitié de la Suisse s’amoncellent sur l’énorme tas de vieux papier. Sur les 245 000 tonnes provenant de 800 communes qu’Utzenstorf Papier traite chaque année, SBB Cargo en achemine actuellement 32 000 tonnes et depuis peu, à nouveau plus de 20 000 tonnes par an depuis la ville de Zurich. Werner Duppenthaler, conseiller clientèle SBB Cargo: «Nous voulons développer la part de marché.»
Pour Alain Probst, responsable Prestations chez Utzenstorf, recyclage et transport par rail s’accordent à la perfection: «Lorsque nous parlons de recyclage, nous parlons aussi de responsabilité, de durabilité et d’empreinte écologique.» Il insiste sur la nécessité absolue d’optimiser la logistique tout au long de la chaîne de livraison. «Avec notre partenaire SBB Cargo, nous avons trouvé de bonnes solutions pour les grandes quantités que nous traitons.» Dans son activité principale aussi, Utzenstorf Papier veille à la durabilité: un cinquième des besoins élevés en électricité est couvert par sa centrale biomasse.
Mais le voyage du vieux papier ne s’arrête pas là: une fois passé l’installation de séparation du carton et le détecteur de métaux, il arrive à la production sur le tapis roulant. Là, il est déchiqueté en fibres et nettoyé des corps étrangers et des teintures d’imprimerie. Le papier journal produit à Utzenstorf se compose en moyenne à 90 % de vieux papier et à 10 % de pâte de bois – un bois transformé en pâte de fibres qui favorise l’impression du papier.
Les deux machines à papier «Mona» et «Lisa» (60 mètres de long chacune) pressent ensuite la pâte de papier pour en extraire l’humidité: il en résulte du papier journal tout neuf. Pour finir, le papier est lissé et sa surface affinée, puis il est enroulé sur de gros rouleaux. Une partie des rouleaux de papier journal blanc est acheminé par rail vers les imprimeries du pays qui le réimprimeront avec des textes et des images. Les gens, dont aussi les habitants de Lyss, lisent ensuite les journaux et en refont des paquets de vieux papier – la boucle est bouclée!
